C'est à l'occasion de la sortie de son album (The Revenge sorti le 17 Octobre) que je rencontre Tom Fire. Il me donne rendez-vous dans son studio dans l'est de Paris. Quand j'arrive, il vient de finir tout juste une session acoustique avec nos amis du blog Rocktrotteur ( http://blog.rocktrotteur.com ) et termine avec eux les derniers réglages sonores de la session. Je découvre alors un artiste passionné et investi jusque dans ses échanges.
Une fois leur tambouille musicale terminée, on décide d'aller tous ensemble (plus on est de fous, plus on rit) boire un coup pour faire notre entretien.
Rencontre avec un amoureux de la musique, un artiste attachant, le tout dans une ambiance bon enfant.
Comment as-tu commencé la musique ?
J'ai commencé la musique par le conservatoire à 5 ans, où je faisais du piano et de la contrebasse (un peu de classe de jazz aussi) jusqu'à mes 20 ans. J'ai appris à faire de la contrebasse à 17 ans, car si je faisais uniquement du piano, je ne pouvais pas participer aux échanges d'orchestres entre pays organisés tous les étés par mon conservatoire. Donc comme je voulais partir à l'étranger et suivre mes ami(e)s de l'orchestre, j'ai choisi la contrebasse qui était un instrument qui permettait d'intégrer l'orchestre rapidement (pas beaucoup de candidats...). Le piano était vraiment mon héritage de la musique classique.
Puis tu es passé à la musique assistée par ordinateur ?
Oui, vers 13 ans, mon père a acheté un Atari. J'avais donc un synthé ainsi qu'un Atari et j'ai commencé à bidouiller mes premiers tests. Le solfège et mon passé au conservatoire ne m'ont pas trop aidé, car pour la musique électronique c'est le feeling qui compte, c'est comment tu ressens la musique que tu crées.
On te connait aussi pour avoir beaucoup joué avec différents artistes. Comment en es-tu venu à ses rencontres?
En fait j'ai fait beaucoup de tournées en tant que contrebassiste, pianiste ou compositeur aussi. Du coup j'ai bossé avec pas mal de groupes à plusieurs niveaux (composition, interprète). J'ai réalisé aussi beaucoup d'albums pour les autres et dans le milieu, tout est histoire de bouches à oreilles. Y'a pas vraiment de casting, tout est une histoire de rencontre entre musiciens. Il faut réussir à rentrer dans le milieu. J'ai eu la chance de connaître un violoniste qui bossait beaucoup et qui était vraiment dans le circuit. On a monté un groupe ensemble (LAZAR PERRY) qui était une sorte de new-tango destroy bizarre, du trip-hop acoustique que les gens captaient pas obligatoirement, mais qui nous a permis de faire des concerts. Et puis plus t'en fait et plus tu rencontres du monde.
Est-ce le fait de bosser avec beaucoup d'artistes qui t'a donné envie de te lancer dans des projets solos ?
J'ai toujours composé quelques morceaux pour moi, mais je gardais tout caché. En fait, il a fallu me pousser un peu à sortir des trucs, des gens comme ma copine m'ont soutenu et m'ont encouragé à me lancer pour faire écouter mes sons dans le but d'une éventuelle sortie. Les gens du label Makasound ont été intéressés par mon univers et ils ont eu le désir de sortir le truc: du coup ça m'a motivé. C'est bête, mais pour ce genre de truc, il te faut des gens derrière toi pour cautionner en quelque sorte.
Comment définis-tu ta musique?
La couleur Tom Fire je l'avais déjà bossée depuis longtemps en fait, elle était déjà dans les cartons. Et puis y'a 15 ans j'écoutais déjà ce style là, ce mélange de musique, un peu pop, un peu reggae, un peu dub, electro, trip-hop. C'est un mélange de plein d'univers. Mais le vrai truc, c'est que comme j'aime bien beaucoup de choses, j'ai donc envie d'en faire beaucoup. Après c'est la manière de le faire qui donne la couleur. J'utilise toujours les mêmes instruments quand je compose : les vieux samplers, le piano, les mêmes effets un peu dub, les mêmes traitements. Du coup, c'est cette patte qui définit le plus ma musique, plutôt que le mélange.
On t'a découvert sur Un disque Un jour avec le maxi Brainwash, pourquoi avoir commencé par sortir un maxi?
Je trouve que c'est bien de présenter tout le temps ses projets. Donc plutôt que d'attendre, je sors d'abord le maxi dès qu'il est prêt avant l'album. J'avais envie de sortir ce titre et ceux opérationnels à l'époque et en plus on n'avait même pas encore Wagram dans l'histoire, c'était vraiment que par kiff. Là par exemple dans trois quatre mois, après la sortie de l'album je pense que je sortirai autre chose, qui n'est pas encore prêt, mais qui le sera entre temps.
Pourquoi avoir appelé l'album « The Revenge » ?
Comme j'ai bossé pour beaucoup de chanteurs et d'artistes, là du coup je passe devant et c'est donc ma petite revanche musicale de « bosser pour ma gueule » maintenant, ca fait plaisir un peu.
Parmi tous les invités de l'album, c'est seulement des artistes rencontrés dans ton passé de musicien, ou tu es parti à la recherche d'artiste que tu voulais ?
Ben
non, c'est plutôt des collaborations nées pour le projet plutôt que par mon passé de musicien. Quelques exemples : Jaqee, y'avait longtemps que je voulais bosser avec elle donc on était déjà en contact par internet, mais on avait jamais rien fait ensemble. Je lui ai proposé le titre, elle m'a dit : « ok » et l'anecdote, c'est qu'elle est venue juste deux jours avant le mastering pour enregistrer. Derajah lui il était là par hasard. En fait j'ai fait un disque avec Linval Thompson, et lors des enregistrements Linval a du s'absenter un quart d'heure. Pendant ce temps là, Derajah que je ne connaissais pas me dis : « Ben tiens balance la version que l'on est en train de bosser ». Et en une prise il m'a fait le morceau. Il s'est rassis, Linval est revenu et tout a continué comme si de rien n'était : je ne sais même pas si Linval est au courant de ce morceau ( rires ). C'est dans l'esprit jamaïcain, il peut y avoir un morceau avec 15 versions et 15 chanteurs différents dessus. Du coup, j'aimerais bien faire une série avec ce morceau, j'ai déjà Linval et Derajah, il suffit d'en trouver d'autres. Pour Flavia Coelho en fait je cherchais une chanteuse brésilienne, et je ne trouvais pas. Un jour un architecte, d'au dessus de mon studio, me demande si je connais cette artiste. Vue qu'elle me plaisait, je lui ai envoyé un message sur internet. Et deux jours après elle était là: Le hasard des rencontres encore une fois. Pour Mc Solaar, je bossais déjà avec lui et j'aime beaucoup ce qu'il fait, je trouve qu'il écrit très bien. Le texte du morceau il l'a fait en live, il est venu un soir et il a écrit avec un thème imposé sur place en 3h et posé en 1h. Il est vachement doué. Il n'est pas là par hasard, il est rapide et précis.
Comment as-tu travaillé l'ambiance de l'album : tu l'as pensé pour le passer en radio, en dancefloor ?
En fait moi j'aime les chansons. Donc là tu as des chansons. C'est de la musique électro avec des structures chansons. L'album n'est pas vraiment prévu pour le dancefloor. C'est vrai qu'il y a des morceaux plus pêchus, mais tu sais un album ça se fait comme un film : tu vas démarrer par des morceaux un peu plus lents, tu amènes les gens vers du plus mouvementé, puis tu redescends etc. Moi je vois toujours un album dans son entité, c'est vraiment une petite histoire dans laquelle y'a un enchainement entre les titres. C'est bien qu'il y ait des singles qui se détachent pour la radio, mais je pense plutôt au morceau dans l'intérêt qu'il a au sein de l'album. Tous les morceaux présents je les aime, j'ai gardé que le bon. Dans une création d'album y'a toujours deux tiers de déchets, faut savoir garder le bon.
Tom Fire sur scène, ça donne quoi ?
On est deux, y'a un batteur et moi. Je pose les bases du show en ce moment, je veux voir où ça va etc. On dit que ca sonne dub mais c'est surtout à cause du traitement. J'espère que les gens vont être réceptifs et qu'on va me faire jouer. Si je pouvais, j'adorerais avoir un quatuor avec moi sur scène, mais là ce n'est pas encore possible pour des raisons financières etc. Le projet est super neuf, on va voir.
Le maxi a eu beaucoup d'échos sur le web (ndlr : l'album n'était pas encore sorti lors de l'entretien), quel intérêt tu portes à la communauté Internet ?
Moi c'est là où j'écoute de la musique. Par exemple je suis abonné à Un Disque Un Jour et je me rends compte que je peux découvrir plein de trucs. Je bosse beaucoup en studio, je n'ai pas le temps de surveiller toutes les sorties, et du coup je peux écouter par le biais d'Internet : c'est un outil monstrueux. Tu peux écouter en temps réel le monde. Je n'achète plus de cd. J'achète encore des vinyls pour conserver la musique que j'aime, pour ma retraite, et parce que certains trucs sont introuvables.
Les projets ensuite, c'est quoi ?
Je prévois une tournée, là je prépare le live en ce moment. Je varie les projets, musique pour documentaires etc. Après je vais surement ressortir un truc dès que je peux, j'en ai envie, ça va dépendre des dates, du label... Je vais continuer à bosser la musique, à faire des collaborations, même avec des artistes pas connus.
Un dernier truc pour les internautes.
On verra où on va aller. Merci de soutenir les projets. Ne vous inquiétez pas l'industrie du disque va mal, mais la musique va bien, elle.
Merci Tom !
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TOM FIRE - THE REVENGE
Wagram Music / Chapter Two Records
TRACKLIST
1. 45 Stories
2. Mina de Niteroi (feat. Flavia Coelho)
3. The Candle
4. Brainwash (feat. Matthew McAnuff)
5. The Revenge
6. Marche ou Rêve (feat. Mc Solaar)
7. Little Man
8. Legalize it (feat. Derajah)
9. Glissendo
10. Get Baptised (feat. Jaqee)
11. Cotton Club
12. For Fisa
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Album en relation déjà présenté :
Tom Fire - Brainwash
http://www.undisqueunjour.com/2011-07-08.html
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